
Selon une étude de Dell Technologies et l’Institute for the Future de 2017, plus de 85 % des métiers de 2030 n’avaient pas encore été inventés. En réalité, on sait aujourd’hui que ce chiffre était surestimé et que les métiers ne disparaissent pas, mais qu’ils mutent. On sait aussi que la durée de vie d’une compétence technique est inférieure à 5 ans.
Dans ce contexte d’incertitude technologique, les recruteurs privilégient désormais les compétences comportementales, aussi appelées soft skills : esprit critique (ne pas croire tout ce qu’on voit sur Internet), empathie (savoir écouter un collègue pour mieux collaborer), adaptabilité (savoir réagir dans un contexte inconnu) …
Qu’est-ce que les Soft Skills ?
Le dictionnaire d’Oxford les désigne comme des « attributs personnels qui permettent à quelqu’un d’interagir efficacement et harmonieusement avec d’autres personnes ». Par définition, les soft skills s’opposent donc aux hard skills, compétences purement techniques et académiques.
En effet, les softs skills sont primordiales, car elles assurent les jeunes de ne pas être dépassés par l’IA, tout en garantissant leur polyvalence et leur bien-être : l’intelligence artificielle peut coder ou rédiger, mais elle ne sait pas gérer un conflit ou faire preuve d’intelligence émotionnelle, grâce aux soft skills on peut facilement changer de contexte professionnel voire de métier, enfin bien gérer son stress et communiquer peut éviter le burn-out.
La supériorité des softs skills sur l’IA réside dans l’incompétence de cette dernière sur les questions de sens, d’éthique et d’intention. Par ailleurs, plus l’IA devient performante, plus les compétences purement humaines (empathie, intuition, négociation) prennent de la valeur. Par exemple dans le travail de l’Architecte, les Hard Skills concernent la capacité à dessiner un plan et connaître les matériaux (expertise technique), tandis que les Soft Skills regroupent l’aptitude à convaincre le client, rassurer les voisins inquiets par le chantier et gérer les conflits issus de la coordination des différents corps de métiers. Sans la technique, la maison s’écroule ; sans les soft skills, la maison n’est pas construite.
Comment identifier et développer les soft Skills ?
C’est pourquoi il est important pour les jeunes de s’engager dans des activités extra-scolaires artistiques, sportives, bénévoles, culturelles… Elles permettent non seulement de mieux se connaître (et notamment ses softs skills) en découvrant comment on réagit dans des environnements différents, mais aussi d’affiner ses goûts.
| Activité | Soft Skills développées | Mise en situation concrète |
| Jeux Vidéo | Stratégie, réactivité, résolution de problèmes, anglais, coopération | Gérer une petite équipe pour remplir une mission complexe sous pression |
| Sports Collectifs | Esprit d’équipe, discipline, gestion de l’échec, communication non-verbale | Rester soudés et motivés même avec 20 points d’écart à la mi-temps |
| Dessin | Patience, souci du détail, créativité, capacité de concentration | Passer des heures sur un projet pour obtenir le rendu visuel imaginé |
| Théâtre | Prise de parole, confiance en soi, empathie, mémorisation | Gérer son stress et avoir un message clair devant un public |
| Bénévolat associatif | Sens des responsabilités, altruisme, organisation, leadership | Organiser de A à Z avec un budget limité un événement pour une cause |
| Musique | Persévérance, rigueur, écoute des autres, gestion du stress | Répéter une gamme jusqu’à la perfection sans se décourager |
| Voyages | Adaptabilité, autonomie, intelligence spatiale, curiosité, gestion de budget | Savoir réagir et trouver une solution quand un vol est annulé à l’étranger |
Les stages et les expériences professionnelles sont aussi d’excellents outils de connaissance de soi. Ils permettent de tester sa fiabilité, son autonomie et son sens des responsabilités dans un environnement professionnel (arriver à l’heure, prendre des initiatives, renouveler les produits en rupture, gérer un client insatisfait…), et aussi de préciser le projet professionnel, déterminant pour motiver son orientation. De nombreuses Formations Supérieures ont même instauré une année de césure dans le but de réaliser 2 stages de 6 mois, permettant ainsi aux jeunes diplômés de postuler en entreprise avec une année d’expérience et donc d’entrer sur le marché du travail en n’étant plus un débutant.
Comment valoriser les Soft Skills ?
Dans Parcoursup, les soft skills sont valorisées dans la Fiche Activités et Centres d’Intérêts, voire dans les Lettres de motivation et lors des entretiens oraux.
Ainsi, le CV d’un jeune ne sert plus à mettre en avant seulement son parcours académique, mais aussi son parcours de vie et sa personnalité. En développant des projets, réalisations, activités et expériences, il peut affirmer plus nettement qui il est, et comment il se distingue des autres. Il peut capitaliser sur ses succès pour mettre en avant ses savoir-faire et savoir-être, et plus seulement sur ses notes qui sont le reflet de ses savoirs.
De quoi redonner confiance aux jeunes les moins scolaires et challenger les bons élèves en les incitant à sortir de leur zone de confort.
Quelles Soft Skills sont les plus importantes ?
Les soft skills fondamentales de l’ère moderne ont été définies par le concept des 4C, formalisé au début des années 2000 par le P21 (Partnership for 21st Century Learning). Cette organisation regroupait des géants de la technologie (Apple, Microsoft et Dell) et le département de l’Éducation des États-Unis. L’objectif était de définir les compétences dont les étudiants auraient besoin pour réussir dans la nouvelle économie numérique, au-delà des connaissances académiques traditionnelles (« 3R » en anglais : Reading, wRiting, aRithmetic). Le modèle des 4C a été largement adopté par l’OCDE et l’UNESCO. Il part du principe que puisque les connaissances techniques deviennent rapidement obsolètes, il vaut mieux apprendre à « apprendre » et à interagir. Il s’agit de :
Créativité : Trouver des solutions originales
Communication : Transmettre une idée clairement
Coopération : Travailler avec des profils très différents de soi
Pensée Critique : Analyser l’information avant de la valider.
Comment puis-je aider mon enfant en tant que parent ?
– En valorisant le « Comment » plutôt que le « Combien » : Mon enfant a réussi un projet, je le félicite pour sa ténacité ou son organisation, quel que soit le résultat final.
– En encourageant l’autonomie : Je laisse mon enfant gérer une inscription, un voyage ou un petit conflit, même si je peux le conseiller.
– En laissant le droit à l’erreur : Quand mon enfant échoue, je l’aide à comprendre ce qu’il pourra faire différemment la prochaine fois.
– En l’aidant à sortir de sa zone de confort : J’encourage mon enfant à tester un nouvel environnement pour qu’il apprenne à s’adapter.
– En pratiquant l’écoute active : En écoutant mon enfant sans jugement, je lui apprends l’empathie et la communication, les piliers du travail en équipe.
Conclusion
Ce qui fait la valeur d’un jeune dans Parcoursup ou Mon Master, au-delà du dossier scolaire, et qui fera sa valeur demain sur le marché du travail, ce sont ses softs skills et son côté humain : sa capacité à sortir de sa zone de confort, son empathie et sa capacité à se réinventer. Accompagner son enfant aujourd’hui, ce n’est plus seulement surveiller ses moyennes en maths, en français ou en anglais, c’est l’aider à développer les compétences invisibles qui feront de lui un adulte épanoui et adaptable. Ainsi il trouvera un équilibre valorisant entre les Savoirs, les Savoir-faire et les Savoir-être.
Qui suis-je ? Emmanuelle Baron, consultante en orientation scolaire pour les 15-25 ans sur toute la France. https://buzzz33-orientationscolaire.com/
J’agis comme un médiateur tiers entre les parents et leur enfant, afin de transformer une période souvent génératrice de tensions familiales (l’orientation) en un projet constructif : au cours d’un bilan d’orientation, dans un premier temps le jeune apprend à se connaître pour découvrir des métiers ou secteurs dans lesquels il a envie de se projeter, dans le but de se donner un objectif professionnel ; dans un second temps il identifie les cursus d’études adaptés à son profil scolaire et extra-scolaire.
- Je joue le rôle de tampon émotionnel car l’orientation est souvent le terrain de projections pour les parents et d’affirmation/d’opposition pour l’enfant ou l’étudiant. J’écoute sans jugement et j’amène le jeune à se projeter, afin qu’il travaille pour atteindre son objectif et pas sans but juste pour ses notes.
- Je révèle le profil du jeune à l’aide d’outils (test d’intérêts …) et d’échanges approfondis permettant d’identifier ses softs skills.
- J’apporte une expertise technique pour faire comprendre les enjeux des choix de spécialités de bac, Parcoursup, Mon Master, les réformes, les passerelles. Je connais les taux d’accès des filières, les nouvelles écoles, les métiers émergents. J’aide à construire projet cohérent pour gérer Parcoursup et Mon Master sereinement.
- Je fais gagner du temps et de l’argent car une erreur d’orientation coûte cher (frais de scolarité, logement, frais de vie…) et peut générer une forte perte de confiance en soi pour le jeune. Au lieu de visiter des Salons ou des Écoles au hasard, j’oriente vers quelques établissements ciblés adaptés au profil et au projet du jeune.
- Je supervise la construction du dossier Parcoursup ou Mon Master (sélection des vœux, Fiche Activités/CV, Lettres de motivation) sur le fond en aidant le jeune à faire les bons choix et à identifier ses compétences ; sur la forme à trouver ses propres mots pour convaincre. Je prépare aussi aux Entretiens par des simulations d’oraux de sélection pour gagner en assurance (travail sur le Pitch et la Gestion des questions).
- Je donne des Conférences gratuites en ligne, afin d’aider les parents et répondre à leurs questions (Clés de l’Orientation, Enjeux du choix des Spécialités de bac, Stratégie Parcoursup, Panorama des études supérieures, Réussir son oral).
