Orientation 2030 : Comment accompagner nos enfants vers des métiers qu’on ne connaît pas encore ? 

Orientation des jeunes vers le futur entre IA et écologie.

1-LES OPPORTUNITES CREEES PAR LES NOUVEAUX METIERS

Aujourd’hui, le bac est plutôt facile à obtenir, et un diplôme Bac+5 ne suffit pas toujours à faire la différence. Dans ce contexte, l’apparition de l’IA remodèle le marché du travail et créé des inquiétudes, largement développées au cinéma ou en littérature. S’il est peu probable que l’IA remplace les humains, il est certain qu’il faut apprendre à s’en servir : savoir dialoguer avec elle (prompter) pour obtenir un résultat précis et de qualité, mais aussi vérifier, corriger et valider ses réponses, car elle peut se tromper. L’humain, lui, garde l’avantage pour gérer les relations, comprendre les nuances et respecter l’éthique ; l’IA, elle, reste encore avant tout statistique. 

📉 Les métiers évoluent de moins d’exécution à plus de réflexion 

Les professions liées au traitement des données ou à la rédaction standard sont les plus impactées. Le Savoir ne suffit plus, mais il sert maintenant à analyser, critiquer et prendre des décisions. Ce changement supprime le travail répétitif et ennuyeux au profit de : 

– l’intelligence sociale : négocier, rassurer, motiver, 

– la créativité : résoudre des problèmes, gérer l’inconnu,

– le sens : penser à l’impact de ses actions (aider, réduire la pollution, agir pour une cause…).  

Voici quelques métiers en transformation : 

• Les juristes et comptables débutants : l’automatisation s’occupe des contrats et des saisies, leur travail se tourne vers le conseil, la gestion des risques et l’éthique. 

• Les analystes financiers : les algorithmes prédisent, mais c’est l’humain qui décide de la stratégie, en restant vigilent sur l’éthique. 

• Les traducteurs spécialisés : ils ne sont plus incontournables sur la technicité de leur secteur mais intègrent une dimension culturelle que l’IA décèle avec difficulté.

• Les créatifs des agences de communication, marketing digital ou design : ils élaborent des prompts à forte valeur ajoutée pour que l’IA produise rapidement des contenus variés, pertinents et de qualité.

• Les médecins, radiologues, infirmiers : ils prennent les décisions thérapeutiques et sont garants du lien humain, tandis que l’IA analyse les images. 

• Les ingénieurs : ils s’appuient sur l’IA pour simuler, analyser, coder, mais aussi modéliser la fin de vie des produits, innover et anticiper les pannes pour qu’elles ne se produisent pas. 

• Les architectes : ils laissent la technique, l’ergonomie voire l’esthétique à l’IA, pour se concentrer sur les aspects affectifs ou les enjeux environnementaux locaux et durables. 

• Les enseignants : l’IA peut transmettre le savoir, mais eux donnent du sens, créent du lien humain, développent l’esprit critique et apprennent à apprendre. 

• Les RH et recruteurs : quand l’IA analyse les diplômes et les critères objectifs, ils considèrent la personne dans sa globalité pour qu’elle s’intègre, s’épanouisse et se développe. 

🚀 Des métiers nouveaux à forte valeur ajoutée 

De nouvelles fonctions vont répondre aux défis technologiques et climatiques, au croisement de trois axes : climat, explosion de l’IA et besoin de lien humain. 

Les Bâtisseurs de la Planète : l’écologie devient la norme dans tous les secteurs

• Le consultant en trajectoire bas carbone aide les entreprises à passer à l’électrique ou à l’hydrogène,

• Le Manager de la biodiversité s’assure que l’activité économique d’une entreprise ne perturbe pas les écosystèmes existants,

• L’agriculteur de précision utilise drones et capteurs pour cultiver avec beaucoup moins d’eau et sans pesticides. 

Les Gardiens de l’Information : le codeur cède la place à des informaticiens capables de piloter des systèmes complexes

• L’éthicien de l’IA vérifie que les algorithmes ne sont pas discriminatoires ou dangereux pour la vie privée,

• L’analyste en cybersécurité protège les hôpitaux, banques et États, 

• Le designer d’expérience en réalité étendue crée des formations virtuelles pour chirurgiens ou techniciens. 

Les Professionnels du Soin : l’utilisation grandissante de la technologie amène en parallèle un besoin de plus d’attention humaine

• Le médiateur numérique pour seniors enseigne l’usage des réseaux sociaux, de la visio pour garder le contact ou à faire des démarches en ligne,

• Le manager du bien-être en entreprise veille à prévenir le burn-out numérique dû à la surconnexion, 

• L’infirmier en pratique avancée pose des diagnostics et prescrit, pour une santé plus proche des patients dans les déserts médicaux.

Les Métiers de l’Économie circulaire : on pense à réparer ou réutiliser plutôt que jeter 

• L’électro-mécanicien en rétrofit rend les vieilles voitures électriques,

• L’ingénieur en valorisation des déchets transforme les plastiques en carburant ou les déchets organiques en engrais,

• L’urbaniste de réhabilitation reconvertit bureaux et usines en logements écologiques. 

2-COMMENT UN JEUNE PEUT-IL CONSTRUIRE SON PARCOURS ? 

Les recruteurs cherchent des profils qui disposent de plusieurs compétences : 

• Les doubles cursus : Ingénieur-Manager, Droit-Numérique, Design-Écologie. Universités et Écoles proposent des parcours exigeants pour valider deux diplômes : maths et philosophie pour l’éthique de l’IA, droit et économie pour les juristes des affaires, sciences et design pour la transition écologique… 

• L’alternance : les alternants ont développés des compétences transversales (gestion du temps, adaptabilité, sens des responsabilités, travail en équipe, esprit critique…) et ont découverts de nouveaux métiers,

• La RSE : son enseignement est déjà au cœur de nombreuses formations, en tronc commun, en spécialisation ou en complément (DU, MS),

• Les mathématiques : elles sont la base de la tech et de l’économie, mais aussi utiles en sciences environnementales. Il est fortement recommandé de choisir cette spécialité au lycée, si on n’y est pas totalement hermétique bien sûr, car elle permet de développer les compétences scientifiques, la capacité de raisonnement abstrait et la logique.

Mais au-delà du diplôme, il faut aussi développer ce que les machines n’ont pas : 

– Esprit critique : savoir vérifier une info pour éviter erreurs ou fake news, s’engager dans une association ou un projet pour agir concrètement et dépasser les solutions simplistes, participer aux simulations de l’ONU (MUN),

– Empathie : faire des maraudes, des interventions en EPHAD, de l’aide aux devoirs, du baby sitting, des sports collectifs, du théâtre d’improvisation pour se mettre à la place des autres,

– Adaptabilité : participer à des colonies de vacances, SNU, séjours linguistiques pour gérer l’inconnu et changer d’environnement,

– Prise de recul : intégrer un club cinéma, photographie, échecs pour regarder une situation dans son ensemble, comprendre l’impact global d’une action, décider et conseiller. 

Enfin, rien ne vaut l’immersion ou les journées portes ouvertes, plus transparentes que les salons, pour découvrir les formations en situation réelle et interroger élèves et professeurs : 

Comment l’IA est-elle vraiment intégrée dans les cours ? 

Quels nouveaux métiers exercent les jeunes diplômés ? 

Quelle part de l’enseignement est dédiée aux enjeux écologiques ? 

3-QUELLES STRATEGIES ADOPTER POUR LES JEUNES DONT LE DOSSIER SCOLAIRE EST « MOYEN » ?

L’accès aux études supérieures n’est pas toujours acquis dans les formations souhaitées : à l’issue des résultats sur Parcoursup, on n’est pas certain d’avoir une place en fac de droit, psychologie ou médecine qui proposent pourtant des licences non sélectives, mais en tension au regard du nombre de demandes. A fortiori, quand le dossier du lycéen est « moyen » et ne permet pas d’entrer directement dans les filières sélectives, il faut penser aux passerelles. 

Commencer par un bac+2 ou bac+3 moins sélectif :

Parfois, un dossier « moyen » veut dire que l’élève a besoin de concret pour trouver sa motivation. 

• Le BUT (Bachelor universitaire de technologie) est une formation publique qui dure 3 ans et délivre une licence. Les cours alternent théorie et pratique, et proposent un bon encadrement. Des passerelles vers les masters ou écoles d’ingénieurs/commerce existent, surtout après une classe prépa ATS. Attention, certains BUT restent sélectifs (Gestion des Entreprises et des Administrations, Techniques de Commercialisation, Métiers du Multimédia et de l’Internet, Génie Biologique, Carrières Juridiques…). Les BUT intègrent 50% de bacheliers technologiques.

• Le BTS puis la licence pro : ce bac+2 très encadré permet de prendre confiance, puis de poursuivre vers une licence 3 et peut-être un bac+5, c’est la voie 2+1+2. Il peut se faire en alternance dès la 1ère année.

• Les classes passerelles : certaines universités proposent une année de remise à niveau (L0) pour consolider les bases en sciences, humanités, arts. 

L’alternance : un vrai levier à viser

• Certains masters profesiionels sont plus accessibles en alternance qu’en formation initiale. 

• Aujourd’hui, bac+5 obtenu en alternance avec au moins 3 ans d’expérience sur le terrain est très apprécié des recruteurs. 

Valoriser les activités extrascolaires diplômantes ou certifiées

• Les certifications : préparer et passer le TOEIC en anglais, des certifications gratuites sur l’IA (Google, Microsoft ou Elements of IA de l’Université d’Helsinki), des MOOC…

• L’engagement (qui peut être rémunéré) : BAFA, PSC1, service civique, sapeurs-pompiers, nouveau service national, engagement étudiant… 

4-ET POUR LES PROFILS NON SCOLAIRES QUI S’EPANOUISSENT DANS L’ACTION ET LA PRATIQUE ? 

Les profils pratiques, manuels ou entrepreneurs sont recherchés car ils ont une intelligence de terrain que l’IA ne peut pas imiter, de même que les profils sociaux. 

L’IA peut écrire un texte, mais elle ne peut pas rassurer un patient, réparer une panne ou coordonner une équipe sur le terrain. Être moins scolaire ne veut pas dire moins intelligent, en effet l’intelligence ne se mesure pas qu’aux notes, il y a aussi : 

– l’intelligence relationnelle : savoir parler avec les autres et les écouter, gérer un conflit, trouver un accord équilibré,

– l’intelligence spatiale : comprendre comment passer du plan à la construction, organiser un espace, optimiser le rangement d’un coffre, s’orienter,

– l’intelligence situationnelle : savoir réagir face à l’imprévu, comprendre les particularités d’un contexte, voir les détails implicites.

Pour les profils moins scolaires, il faut privilégier :

Le terrain

Un alternant n’a plus une posture d’étudiant mais devient rapidement un professionnel avec des responsabilités et un salaire. Les cours prennent du sens car ils sont très vite appliqués :

• Dès le bac pro ou le CAP : métiers manuels comme électricien, cuisinier, mécanicien…

• En BTS ou BUT (bac+2/3) : dans le commerce, l’immobilier, la maintenance industrielle…

Les écoles manuelles de précision 

Certains métiers manuels sont très techniques ou artistiques :

• Les Compagnons du Devoir : une formation réputée basée sur le voyage et la pratique, où sont formés des menuisiers, tailleurs de pierre, maréchaux-ferrants… 

• Les écoles de production : des écoles-usines où les élèves apprennent en réalisant de vraies commandes pour de vrais clients, s’insérant ensuite facilement dans le marché du travail.

Les filières du contact 

D’autres élèves moins scolaires ont une forte intelligence relationnelle :

• Le secteur médico-social : avec des métiers où l’humain est important et qui recrutent comme aide-soignant, auxiliaire de puériculture, moniteur-éducateur…

• L’animation et le sport : le BPJEPS permet de travailler rapidement sur le terrain au contact des gens. 

Le numérique No-Code et créatif 

Beaucoup d’élèves moins scolaires sont passionnés par le numérique :

• Les formations No-Code : on peut y apprendre en quelques mois à créer des applis ou des sites web, 

• Le design et l’audiovisuel : montage vidéo, graphisme, création de contenus demandent de la créativité et de la sensibilité pour se démarquer.

EN CONCLUSION 

Pour aider nos enfants, il faut leur donner confiance pour aller sereinement vers l’inconnu, sans projeter nos propres rêves ou nos peurs.

Pendant mes bilans d’orientation, pour bien les comprendre et instaurer un climat positif, je leur demande : 

– De quoi ils sont le plus fiers ? 

– Si une baguette magique pouvait les aider à réussir n’importe quelles études, quel métier ils choisiraient ? 

– Qu’est-ce qu’ils arrivent à faire facilement, alors que ça semble difficile pour les autres ? 

Un bon début pour comprendre qu’il y a un chemin pour chacun et des possibilités de réussite et d’épanouissement pour tous.

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